Cours du 22 octobre 1999

 

Qu’est-ce que la philosophie ? La pensée et le nom, suite.

 

Aujourd’hui, je voudrais préciser la distinction du vrai et du réel. C’est essentiel pour notre question, puisque j’ai défini la philosophie par le refus de céder sur cette distinction. Je vais essayer de vous montrer qu’elle est beaucoup plus familière qu’il ne semble. J’essaierai ensuite de vous indiquer la nature éthique de la distinction, et par conséquent aussi vous faire toucher du doigt ce paradoxe, sur lequel j’aurai assurément l’occasion de revenir, de la nature éthique de la pensée.

 

la distinction : la vérité n’est pas une sorte de réalité

 

Le premier domaine où cette distinction apparaît est l’art. Je dirai même qu’il est exhaustivement institué par cette distinction, dès lors qu’on cesse de confondre l’art et l’artisanat, le génie avec le talent. Qu’il y ait une dimension artisanale et un talent dans la production de la plupart des œuvres va de soi ; mais ce n’est pas ce qui fait d’elles des œuvres, comme le montrent les exemples limites de celles que j’ai citées l’autre jour. Le porte-bouteilles de 1913 n’atteste d’aucun talent d’aucune sorte mais on ne peut lui retirer son statut d’œuvre, qu’il tient non pas de sa réalité mais du nom de Marcel Duchamp. Je reprends donc ma formule : en art la réalité de l’œuvre (ce qu’elle est, sa facture, sa composition, à quoi j’ajoute évidemment le sens qu’elle prend dans l’histoire de l’art) importe d’une manière variable selon les moments, mais elle ne compte pas. Ce qui compte, c’est sa vérité. D’une manière générale on peut nommer " art " l’acte de distinction du vrai, relativement au réel qu’il est seulement " par ailleurs ".

La distinction entre ce qui compte (la vérité) et ce qui importe (la réalité) vous apparaîtra peut-être plus clairement que dans les séances précédentes si je la rapporte à cette autre distinction, qui est comme un glissement de la première, entre le lieu de la vérité (paradigmatiquement : la signature) et ce que l’on peut nommer le " par ailleurs ", pour désigner le lieu de la réalité, en tant qu’elle ne compte pas. Rien là que de très simple et de très familier. Je dirai ainsi que cette œuvre de 1913 appartient de plein droit à l’histoire de l’art, mais que " par ailleurs " c’est un objet ménager que Duchamp a été acheter au Bazar de l’Hôtel de Ville juste avant son exposition. Prenons un exemple ultra classique, si vous préférez : la Joconde est une œuvre de Léonard de Vinci, mais " par ailleurs " tout le monde voit bien que c’est la représentation d’une femme, représentation dont on peut donner les caractéristiques (elle obéit à tel code du portrait dont l’historien peut dater la mise en place, elle est typique de la facture Renaissance, elle exprime l’inconscient de son auteur, etc.). Dans un cas comme dans l’autre la distinction est flagrante : la réalité (détermination de l’objet, propriétés de toutes sortes et d’abord historiques) n’est pas la vérité, de laquelle il n’y a en termes de connaissance littéralement rien à dire (tout ce qu’on dira concernera d’une manière ou d’une autre la réalité de ce dont on parle, pas sa vérité).

L’acte de distinction, on peut aussi bien dire qu’il est la causalité géniale en tant que telle (à condition de ne pas vouloir croire que le " génie " est une qualité magique dont l’injuste nature aurait pourvu une infime minorité et dont elle aurait privé l’immense majorité), puisque la notion de la distinction n’a de sens qu’à l’encontre de celle de la différence, et que le génie tient tout entier dans la capacité à produire comme vrai, par opposition au talent qui est la capacité d’appliquer les règles à la situation concrète c’est-à-dire à produire comme réel. Produire comme vrai sans que le réel ne soit concerné autrement que " par ailleurs ", voilà exactement en quoi consiste le génie.

L’impossibilité de faire de la vérité une sorte de réalité implique l’inconsistance de cette dernière notion. Car si le génie consistait en quoi que ce soit, on voit bien qu’il conférerait une certaine qualité aux réalités auxquelles il se serait appliqué, de sorte qu’il en ferait des réalités différentes : plus riches, mieux composées, plus originales, etc. Mais alors il ne faudrait plus parler de distinction, mais de différence : il ne s’agirait plus de vérité mais seulement de réalité – quitte à la limite à faire de la vérité une nouvelle sorte de réalité (un jugement, une représentation " adéquate ", un savoir…) qu’on ajouterait à une réalité préexistante pour ensuite la rendre vraie, c’est-à-dire pour la rendre différemment réelle. Mais la vérité n’est pas un type, même paradoxal, de réalité et par conséquent elle ne saurait ajouter quoi que ce soit à ce qu’elle concerne.

J’avais donné comme illustration de cette nécessité l’exemple des vrais et des faux en art : le tableau dont on découvre par une enquête historique ou des moyens objectifs qu’il est un faux ne devient pas plus mal peint ni plus mal composé. Mais il est instantanément expulsé du domaine de l’art, qu’on peut dès lors bien entendre comme la conversion toujours inconsistante du réel en vrai (si elle présente la moindre consistance, on ne parle pas d’art, mais d’artisanat).

 

Familiarité de la distinction du vrai et du réel

 

Je parle de l’art, parce qu’il est, à cause de la définition que je viens d’en donner, le paradigme de la pensée. Mais en fait tout le monde est très familier avec cette distinction du vrai et du réel, c’est-à-dire avec le paradoxe de l’inconsistance absolue de la vérité (ou, si l’on préfère, avec l’impossibilité qu’elle soit une forme quelconque de réalité).

Du vrai au faux, la différence n’est en effet pas du tout la même que du réel à l’irréel. Tous les domaines où, d’une manière ou d’une autre, se pose la question de l’authenticité sont des domaines où l’on se tient expressément dans la compréhension de ce que je vous indique en ce moment. J’en prendrai trois, que je vais choisir parmi les plus triviaux, pour bien vous convaincre de la familiarité de cette distinction.

Qu’est-ce qu’un faux billet de banque ? Ce n’est pas un billet qui présenterait des différences avec les vrais. Et si l’on est capable, au moyen d’une lampe à ultraviolets ou de moyens plus sophistiqués, de détecter certains faux billets, cela montre simplement l’insuffisance des techniques dont disposaient ceux qui les ont fabriqués. Autrement dit : les faussaires n’ont dans ce cas été capables que de produire des imitations de billets. Mais une imitation de billet n’est pas plus un billet de banque (vrai ou faux) qu’un leurre en carton destiné à tromper la photographie aérienne n’est un char d’assaut ! Non : un faux billet, c’est d’abord un billet. Et ce billet peut être faux. Pourquoi ? Pour une seule raison : son émission n’aura pas été autorisée par la banque centrale du pays concerné. C’est d’une causalité exclusivement juridique (donc parfaitement inconsistante en fait) qu’il s’agit. D’ailleurs il y a bien une signature sur les billets : même si c’est celle d’un quelconque caissier, cela donne un caractère d’acte à son émission. Le faux, c’est l’inverse : il relève non pas de l’acte mais de l’action. On peut tout à fait imaginer qu’un employé de l’imprimerie officielle fasse en quelque sorte des heures supplémentaires pour son propre compte et imprime, avec les machines et les matériaux officiels, des billets qui n’en seront pas moins faux ! Ce seront des faux, mais il ne différeront en rien des vrais et c’est seulement à cette condition qu’on peut poser la question du vrai et du faux.

Le domaine industriel, celui des brevets et des marques, effectue souvent cette distinction, en tant qu’elle n’est pas une différence. J’ai cité dans un autre contexte l’exemple de cette entreprise qui faisait fabriquer des bagages de luxe dans un atelier du tiers monde : les ouvriers continuaient à travailler après que le quota de production fixé par contrat ait été atteint, et revendaient sur le marché parallèle les produits qui, dès lors, étaient indubitablement des faux. Et de fait, il y a eu un procès et une condamnation pour contrefaçon. Comme dans l’exemple des billets de banque, les vrais et les faux étaient indiscernables : c’est seulement à retrouver le contrat originel où le nombre d’articles à produire était expressément stipulé que le juge a pu dire que tous ceux qui avaient été produits en plus étaient des faux.

Je tire la leçon de tout cela en disant que la distinction de la vérité et de la réalité renvoie à une instance particulière de vérité (le nom marqué, autrement dit la signature) et à un " ailleurs " (la réalité) – celui-là même que nous mentionnons en disant par exemple que les bagages fabriqués en plus des quotas convenus sont des faux, bien que " par ailleurs " ils soient exactement identique aux vrais (leur réalité est la même).

La mention du " par ailleurs " est toujours celle de la réalité, quand on l’a distinguée (parfois sans en avoir pris conscience) de la vérité.

Cette mention, si vous vous souvenez de l’équivalence indiquée dans les séances précédentes, est par là même celle de l’importance. Ce qui importe, c’est la réalité, alors que la vérité, elle, est ce qui compte. Je reprends cette distinction dans mes travaux sur la marque, qui renvoient expressément à cette problématique de la vérité. Ainsi le jeune de banlieue qui veut absolument des chaussures Nike ou Adidas, la bourgeoise qui veut absolument des foulards Hermès achètent-ils effectivement des chaussures ou des foulards ou des chemises, mais cela ne compte pas : ils veulent des " vrais " et non pas des produits anonymes (des chaussures, des foulards qui seraient simplement de bonne qualité), ni même des contrefaçons (qui peuvent pourtant être absolument semblables aux originaux). Ce qui importe (par exemple que les chaussures soient confortables, qu’elles soient à la bonne pointure, qu’elles soient solides, etc.) s’efface devant ce qui compte : on porte Nike, Hermès, mais " par ailleurs " ce sont des chaussures, des foulards ou des chemises présentant telle ou telle qualité.

Bref, même pour ces questions apparemment triviales, le nom propre est cause de la vérité : lui seul compte, pas la réalité qui est seulement plus ou moins importante. Rien de plus familier, par conséquent, que la distinction que j’essaie de penser devant vous.

 

La distinction compte / importe est éthique, donc aussi la causalité du nom

 

Comment le nom propre peut-il être cause de la vérité ? Du point de vue du sujet comme tel, la théorie lacanienne de la sublimation permet en grande partie de répondre à cette question – si du moins vous acceptez de reconnaître là une problématique lacanienne (celle de la " Chose "). Je vous y renvoie donc. Pour ma part j’y vois un aspect supplémentaire de la distinction dont je vous entretiens en ce moment.

Je présenterai mon idée ainsi : la notion de distinction n’a de sens qu’éthique.

Rien là que de très évident, comme d’habitude, surtout quand on se place au tout premier niveau des exemples : personne ne niera que la reconnaissance d’une personne comme " distinguée " ne soit de nature éthique. Boieldieu, dans La grande Illusion s’oppose à tous ses camarades (notamment au personnage joué par Gabin et à l’helléniste érudit) par une distinction qui saute aux yeux de tout le monde et qui est exclusivement éthique (et non pas morale : il ne leur est pas supérieur en vertu).

Mais on le verra tout aussi bien quand j’aurai pris des exemples réels, et non plus personnels. Ainsi, personne n’aurait l’idée de nier l’importance de l’argent, laquelle est comme telle toujours relative (l’argent importe moins à la campagne qu’à la ville, etc.). Mais certains d’entre nous pensent assurément que l’argent, si important qu’il soit (et quand il manque trop, rien n’est plus important !), ne compte pas. Pareil pour la santé : qui en nierait l’importance ? Mais la santé non plus ne compte pas, puisqu’on peut se tuer au travail (exemple de Proust, notamment : son médecin a déclaré qu’il s’était autant usé en quelques années qu’un travailleur de force en toute une vie). C’est que riche et en bonne santé, on peut être un parfait médiocre c’est-à-dire avoir la vie que n’importe qui aurait à notre place. Question d’éthique, sans aucun doute.

La distinction étant toujours celle de la vérité relativement à la réalité, c’est-à-dire celle de ce qui compte relativement à ce qui importe, on peut en traduire personnellement la notion en parlant de ceux qui comptent et de ceux qui importent.

Dans un bureau, le chef est l’individu le plus important. Mais vous apercevrez tout de suite la portée éthique de la distinction compter / importer si je vous fait remarquer que dans la compagnie d’assurances où Kafka travaillait, lui seul comptait – le président directeur général n’étant rien d’autre, dans son importance éminente, que sa propre et insignifiante médiocrité (il n’est que sa propre place). On voit bien là une différence radicale entre être quelqu’un (par exemple Kafka) et être n’importe qui, c’est-à-dire une place (par exemple le PDG de la compagnie où Kafka était un employé sans grande importance). Et nul nie niera qu’il s’agisse à chaque fois d’éthique, c’est-à-dire d’un certain rapport décisif à soi-même.

Eh bien c’est ce rapport décisif, absolument évident pour tout le monde, qui rend compte de la causalité du nom propre et par conséquent, pour nous, du sens que prend forcément la notion de vérité, quand on réfléchit sur la philosophie telle qu’elle existe effectivement dans nos bibliothèques. Je dirai ainsi que les penseurs sont des gens qui comptent, alors que les savants sont des gens qui importent – la relativité des uns s’opposant à la distinction des autres qui empêche qu’on puisse jamais les oublier (alors qu’on oublie nécessairement les savants du passé, qui ne sont que des moments du développement de la science).

Je crois qu’on peut encore indiquer de quoi il s’agit en proposant une nouvelle distinction, c’est-à-dire une nouvelle figure de la seule distinction qui est toujours celle de la vérité et de la réalité : l’impossibilité de confondre le futur et l’avenir. Distinction bien intéressante à mon avis, car elle nous permettra d’accéder à l’explication de cette étonnante causalité du nom (que la vérité, comme distinguée de la réalité, en soit l’effet)

De quoi s’agit-il ? Ce que je viens de dire nous fait penser que l’opposition ici en cause est forcément de nature éthique, si paradoxale que cela semble. En effet : ce qui distingue l’avenir du futur, c’est la promesse. Rien de plus évident : une technique d’avenir, on dit qu’elle est prometteuse. Inversement, on peut imaginer une technique ayant encore un long futur devant elle (le moteur à explosion, par exemple, qui ne me semble pas devoir être remplacé avant des décennies), mais qui n’est pas prometteuse et par conséquent qui n’a pas d’avenir. Vous voyez qu’on peut avoir un futur et pas d’avenir, exactement comme on peut avoir un avenir et pas de futur (exemple d’un moteur révolutionnaire que les lobbies pétroliers se seraient entendu pour discréditer). C’est aussi la différence qu’il y a entre un prophète, celui qui dit l’avenir en tant qu’avenir – en d’autres termes qui dit la promesse comme promesse – et le devin dont les peuples primitifs s’imaginent qu’il peut dire ce qui va arriver, c’est-à-dire le futur.

Quel rapport avec notre question, demanderez-vous ? Comment cela rend-il compte de l’étonnante causalité du nom ? J’y viens. Qu’est-ce que promettre en effet ? C’est poser qu’on fera quelque chose quels que soient les changements objectifs et subjectifs qui seront advenus entre temps, autrement dit quelle que soit la réalité. Le monde peut avoir changé depuis qu’on a fait une promesse, et surtout on peut soi-même avoir changé (on n’aime plus la personne à qui l’on avait promis, par exemple), cela ne compte pas.

L’homme médiocre est celui qui arguera légitimement (on ne prend évidemment pas l’exemple d’un menteur ou d’un escroc) de ces changements (bien sûr, on a promis de faire telle politique ; mais que voulez-vous : il serait irresponsable d’ignorer les contraintes de la concurrence internationale…). Le médiocre est celui pour qui la réalité (c’est-à-dire l’important) compte.

Inversement l’homme de parole est celui pour qui la réalité ne compte pas. Imaginons celui qui dirait : quel que soit l’état du monde, quoi que tu aies fait, quoi que je pense de toi à ce moment là, je serai là. Voilà l’homme de la promesse – alors que n’importe qui aurait raison de considérer que c’est quand même en dernière instance toujours la réalité qui compte.

On est quelqu’un quand la réalité (dont il ne s’agit pas de nier les importances) ne compte pas, et on est n’importe qui quand elle compte. La distinction de ce qui compte et de ce qui importe devient une différence radicale entre les humains.

Eh bien c’est de cette différence qu’il s’agit dans la pensée : aussi bien dans l’art que dans la philosophie. Qu’est-ce que l’œuvre, en effet, sinon ce qu’un seul pouvait et surtout devait faire ? C’est ce qu’il fait pour la seule raison qu’il est lui.

Or ce qu’on fait pour la seule raison qu’on est soi, c’est le domaine de l’éthique !

Éthique renvoie en effet à ce qu'on fait pour la seule raison qu'on est soi et non pas n'importe qui. Par exemple pardonner, promettre, qui sont des actes et qui ne donnent lieu ni à louange ni à blâme (on ne peut pas reprocher à qqn de n'avoir pas pardonné, ni l'inverse). Il s'agit d'éthique là où personne ne peut se mettre à notre place, par opposition à la morale où il s'agit de faire ce que n'importe qui aurait raison de faire à notre place.

Créer est donc éminemment éthique, puisque l’œuvre tire sa vérité non pas de sa réalité (en quoi elle ne serait qu'un produit artisanal plus ou moins élaboré) mais du nom propre qui la fait valoir en tant qu’œuvre. Car l’œuvre est ce qu'un seul devait et pouvait faire : la nécessité dont elle relève ne renvoie à aucun moyen particulier, à aucune compétence, comme on le voit avec l’exemple limite des ready-made, qui n’en sont pas moins, dans quelques très rares cas comme celui de Duchamp, des œuvres. La première catégorie éthique est par conséquent le génie et il est bien certain que toute théorie de l’éthique est par là même une théorie du génie…

Mais de quoi s’agit-il, ici encore, sinon de l’inconsistance de la vérité, c’est-à-dire de sa distinction pure d’avec la réalité ? Encore une fois, si la vérité consistait en quoi que ce soit, elle serait un élément qu’on pourrait ajouter ou retirer à une réalité préalable c’est-à-dire une sorte de réalité. La notion du génie, qui est celle de la pensée, n’est par conséquent rien d’autre que sa propre inconsistance, ainsi qu’on le voit parfaitement quand un tableau se révèle avoir été produit non pas par tel artiste mais seulement par un artisan, aussi talentueux qu’on voudra. L’expulsion du tableau hors du domaine de l’art, quand il cesse, à la suite d’informations objectives, d’être une œuvre pour devenir un produit artisanal (éventuellement admirable), atteste de l’inconsistance radicale de la pensée, laquelle n’est donc que la causalité du vrai en tant que vrai, c’est-à-dire que l’efficience du nom. Et précisément : un nom, ça ne veut rien dire, ça n’apporte rien. Le génie est sa propre inconsistance.

Si donc on accorde que les philosophes ne sont pas des savants d’une espèce particulière (les spécialistes du sens, par exemple) mais qu’ils ne sont philosophes qu’à se distinguer de cette éventualité, autrement dit si on leur reconnaît comme aux artistes le statut de penseurs, alors on reconnaît que la distinction du savoir dont la philosophie est littéralement faite est de nature exclusivement éthique, et non pas intellectuelle.

La prochaine fois, je vous le montrerai en accentuant la dimension représentative de la philosophie à travers la problématique parfaitement spécifique de la réfutation.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

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